L'ouvrage Reprendre la mélodie, qui accompagne l’exposition éponyme, explore le travail de Sugimoto à partir de la notion de honka-dori, empruntée à la poésie japonaise classique, qui désigne l’acte de reprendre une oeuvre antérieure afin d’en déplacer le sens et d’en réactiver la portée. Ce principe de la reprise permet d’envisager l’ensemble des séries de Sugimoto comme un système de variations, où chaque image se construit dans un rapport conscient à des formes et des savoirs préexistants : accumulation du temps jusqu’à l’effacement de l’image (avec la série « Theaters »), réduction du paysage à une structure abstraite et anhistorique (avec les paysages marins de « Seascapes »), exploration des phénomènes optiques et des limites de la vision (« Opticks »).