C'est cette ambivalence que l'on peut retrouver dans Plis, composée d'une sélection de photogrammes sur papier Agfa Brovira, un papier baryté datant des années 1970 mais utilisé un demi-siècle plus tard dans la chambre noire du laboratoire Picto pour expérimenter et générer des formes et des états de surface sur le papier sensible, sous la lumière de l’agrandisseur. Soit un procédé technique ancestral dont on relève les prémices dès la seconde moitié du XVIIIe siècle. Portée par une attention aux situations ténues et aux agencements éphémères, Sandrine Marc a modulé sur une centaine d'épreuves (parmi lesquelles une soixantaine ont été retenues et agencées pour le livre) des jeux de plis et replis d'un tissu aux larges mailles, lui permettant d'engager un travail à la fois rudimentaire (dans son protocole) et savant (dans ses agencements et la recherche d'effets sensibles) autour de la géométrie, des trames et des textures, jusqu'à l'affolement rétinien. Le résultat s'offre comme un véritable ballet formel, soigneusement orchestré selon des enjeux de rythmique visuelle et composé en mouvements. Le travail de Sandrine Marc a fait l’objet d’exposition dans plusieurs centres d’art et festivals, notamment en 2018, pendant la triennale de Photographie et d’Architecture de Bruxelles et le festival Circulation(s), puis en 2022, pendant PhotoSaintGermain. En 2020, son projet Archipels reçoit une bourse du Centre National des Arts Plastiques. En 2021, elle est lauréate de la résidence de recherche et de création du musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône, à l’issue de laquelle elle publie un portfolio Kairos et un livre Écrire avec le soleil. En 2024, elle est lauréate de la résidence PICTO LAB / EXPÉRIMENTER L’IMAGE pour son projet PLIS.