Abordant la vie familiale non comme une saga sentimentale, mais comme une expérience psychologiquement chargée et contradictoire, les photographies alternent entre scènes d'enfants, intérieurs domestiques, corps en mouvement, jeux brusques, affection et moments de tension. Haymes refuse de dissocier beauté et malaise : l'innocence côtoie l'insouciance, l'intimité l'inquiétude, au fil de la croissance des enfants, de l'évolution des relations et des transformations corporelles. Son langage photographique oscille entre documentaire et tableaux soigneusement mis en scène, créant des images à la fois spontanées et étrangement théâtrales.
Plutôt que de présenter la famille comme une unité sociale figée, Chronograph la révèle comme un terrain émotionnel instable où la proximité peut se révéler à la fois protectrice et étouffante. Il en résulte un portrait psychologique profondément émouvant de la vie familiale, où affection et conflit s'entremêlent et où les liens fragiles de l'amour sont constamment mis à l'épreuve et renouvelés.