Le mouvement de l’appareil, le flou de la mise au point, les jeux de lumières et d’ombres composent des atmosphères oniriques dans lesquelles les êtres semblent d’éphémères apparitions. Son goût pour l’abstraction lyrique, notamment en peinture, transparaît dans ses photographies, qui révèlent souvent l’état intérieur de leur auteur – notamment par l’intensité graphique des variations de lumière. Profondément attaché à sa terre natale des Marches, en Italie, Giacomelli saisit les plaines infinies, sur lesquelles se dessinent les sillons des labours, les ombres portées sur les champs ou les façades des maisons paysannes, où se devinent des silhouettes d’oiseaux, de nuages, les contours de visages féminins… Les oiseaux de Giacomelli émergent de masses végétales, se font ombres chinoises sur des surfaces diaphanes, habitent des nuées vaporeuses ou s’incarnent en délicates présences. Aux lignes des frondaisons répondent les nuées chorégraphiées d’oiseaux blancs ; mondes animal et végétal se fondent. Entre apparition et disparition, réalité et rêve, chez Giacomelli les oiseaux apparaissent tels des signes calligraphiques, ils se déploient en une partition musicale esquissée sur la toile de fond d’une terre rurale.