L'ouvrage se déploie en trois parties : le Japon, l'Australie et un chapitre central qui rassemble des photographies de trois générations : celles du père de M. Kaino, celles de M. Kaino lui-même et celles d'Alsharrah. Couvrant près d'un siècle, ces photographies retracent un parcours de vie à travers les océans, tissant un lien entre mémoire familiale, migration et travail au sein d'une filiation visuelle commune.
Le titre « Kaino E » est tiré du nom de M. Kaino, qui se lit en japonais « champ océanique », évoquant une vie façonnée par la mer. Le suffixe « E », signifiant « à » ou « cher » en début de lettre, confère au livre le caractère d’une adresse. En ce sens, « Kaino E » fonctionne comme une ode, une lettre à M. Kaino et à une génération de plongeurs dont l’histoire s’efface peu à peu.
Ancré dans la collaboration et un engagement à long terme, ce projet oscille entre témoignage documentaire et poème photographique. Il explore les thèmes de l'amitié, du retour et du souvenir, tout en inscrivant une vie individuelle dans l'héritage plus vaste des pêcheurs de perles japonais en Australie, à travers les générations, les frontières et l'immensité de l'océan.