Les images rassemblées dans MIDLANES donnent à voir ces salles désertées où « Les lumières clignotantes et le bruit sourd des quilles sur le parquet formaient la bande son des samedis soirs. Autrefois temple des retrouvailles, le bowling occupait une place centrale dans la vie sociale des habitants du Midwest. Il offrait une pause, un moment de chaleur humaine dans le rythme lent des saisons. Aujourd’hui, les néons s’éteignent, les lieux se vident, avalés par le silence et l’oubli. Dans ces petits villages américains, dans ces métropoles aux larges avenues et aux hivers longs, les bowlings désertés racontent une autre époque, celle d’une Amérique populaire qui s’éloigne » selon le descriptif de l’exposition. Entre Détroit et Fargo, Tristan a traqué des fragments d’une Amérique populaire en décrépitude : affiches fanées, racks de chaussures vides, allées baignées d’un néon fatigué. Les photographies, réalisées et tirées en argentique, jouent de la texture et de la patience du regard transformant l’abandon en archives sensibles.