" On se souvient de Meadowlark, épuisé depuis longtemps, et de la douceur mélancolique avec laquelle il restituait les paysages du centre des États-Unis. The Weight of Ash confirme qu'Ian Bates est l'une des voix les plus singulières de la photographie américaine contemporaine.
Entre 2014 et 2020, il a parcouru la côte ouest des États-Unis pour photographier les terres calcinées par des incendies de plus en plus dévastateurs. Mais loin de toute dramatisation sensationnaliste, il se tient à distance des flammes et de leur fureur. Ce qui l'intéresse, c'est l'entre-deux : ce moment suspendu où le feu est passé mais où les humains ne sont pas encore revenus, quand le paysage est à la fois beau et terrifiant, enveloppé dans un manteau de cendres et de silence. Entre le deuil d'une vie précédente et les promesses d'une vie à venir.
Ian Bates photobook et paysages brûlés
Ses images explorent cette zone liminale entre calme et violence, entre destruction et renouveau. Car les incendies, rappelle-t-il, peuvent aussi préparer un terrain fertile pour que la vie reprenne. Ainsi, ce photobook parle de l'anxiété et de la beauté du monde qui brûle. Il est accompagné d'un poème de Caitlin Lorraine Johnson et d'un essai de Daniel Gumbiner.
Le travail de Bates privilégie les traces et l'après-coup plutôt que le spectacle des flammes. En noir et blanc, ses images donnent ainsi à voir la beauté et l'horreur d'un paysage transformé par le feu.
« Il y a un moment après qu'un feu de forêt brûle mais avant que les humains ne reviennent, où la terre et les forêts sont à la fois belles et terrifiantes. » "
Chloé Tocabens, libraire à La Comète
Ian Bates, The Weight of Ash, publié par Deadbeat Club en 2025, 92 pages.
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